II. Aspects négatifs et autres progrès apportés par le clonage

Publié le par Mathildesto

A. Un succès très limité


En matière de clonage, l'échec est habituel, et le succès exceptionnel, voire miraculeux. Les chercheurs s'attellent à comprendre les raisons de ces échecs.

 


Le clonage des mammifères par transfert du noyau d'une cellule non sexuelle, dans l'état actuel, connaît un succès essentiellement médiatique. En effet, le taux de réussite, c'est-à-dire le rapport entre le de naissance et le nombre d'embryons reconstitués, est très faible : il ne dépasse pas 2 à 3 % en moyenne toutes espèces confondues. Le taux si situe entre 3 et 5 % chez la vache, entre 1 et 3 % chez la souris, et il est inférieur à 1 % chez le lapin. Pour Dolly, il a fallu appliquer 277 fois cette << recette >>  et produire 29 embryons reconstitués. Selon la méthode utilisée, entre 30 et 80% des embryons parviennent au stade de la blastula* (sphère d'une centaine de cellules ). Et 90% au moins des embryons implantés in utero périssent aux premiers stades du développement fœtal ou plus tard au cours de la gestation*. Cette mortalité est associée à des anomalies du placenta et à une taille excessive des organes ( foie, cœur) du fœtus. Chez les veaux morts quelques jours après leur naissance, on a constaté des lésions cardio-vasculaires et pulmonaires, ainsi que des déficits immunitaires.

En dépit de multiples tentatives, certaines espèces résistent au clonage pour des raisons inexpliquées. C'est notamment  le cas de certains primates non humains. A la fin de l'année 2007, des chercheurs ont réussi à cloner des embryons de singes macaques, mais l'implantation ensuite n'a pas été couronnée de succès; ils ont en revanche obtenu des lignées de cellules souches. Cette première chez un primate lève l'obstacle technique sur la voie du clonage reproductif chez l'homme. La seule publication scientifique sur le clonage s'est révélée être une fraude scientifique de première grandeur: l'affaire du chercheur coréen Woo-Suk Hwang, qui a en effet défrayé la chronique entre 2005 et 2006, est révélatrice du climat de compétition dans lequel se développe le clonage thérapeutique.

 


  Quels sont les facteurs de succès ?

 

De l'expérience acquise depuis la naissance de Dolly en 1997, il ressort que de multiples paramètres entrent en ligne de compte, à chaque étape du clonage. Pour le noyau transféré, certaines cellules de peau procurent les meilleurs résultats. Du côté de l'ovocyte* receveur, les caractéristiques de l'ovocyte et la technique d'extraction de son noyau sont très importantes. Enfin, la méthode de transfert du noyau dans l'ovocyte et les conditions de culture in vitro* de l'embryon* reconstitué ont également une influence sur le succès du clonage.

 

Selon les spécialistes, la maîtrise du clonage viendra de la compréhension fine des mécanismes de reprogrammation du noyau de la cellule différenciée introduit dans l'ovocyte.

 

Le terme << reprogrammation >> désigne le retour du noyau à l'état totipotent*, état indispensable à la réinitialisation d'un programme de développement embryonnaire. La reprogrammation réactive les gènes qui étaient maintenus silencieux et, parallèlement, inhibe les gènes actifs correspondant au type de la cellule différenciée (glande mammaire, cellule sanguine...)

Ces modifications conduisent à un remodelage majeur du noyau de la cellule différenciée, désormais capable de diriger un développement embryonnaire.


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